Bains Numeriques #7

presenting Palimpsest,
(INSITU Fort Canning Hill artist map)
at Le Théâtre du Casino Barrière d'Enghien-les-Bains, France
Awarded Grand Prize in Sound Arts category

Music by David Letellier
Live drawing by Boedi Widjaja
Visual projections by David Letellier, Taisuke Koyama and Weehan Yeo
With generous support by our partners

Jury's Statement

Membres du jury de la catégorie « Performance sonore » de cette septième édition du festival Bains numériques, nous avons eu le plaisir de découvrir trois œuvres fortes et singulières : « Pathline#1 » de Franz Rosati et Leila Bahlouri, « LiveCode performances » de C:\VEhF\ et « Institu Fort Canning Hill » de David Letellier et Boedi Widjaja.

Très différentes l’une de l’autre, ces trois démarches posent toute la question de l’emprise de notre nouveau monde numérique sur le réel, et en particulier sur ce réel si particulier qu’est un spectacle en « live ». C’est justement sur ce terrain-là, de la performance face au public, que l’un des projets s’est dégagé telle une évidence comme le plus riche et le pus abouti.

De ses premières secondes jusqu’à sa conclusion, « Institu Fort Canning Hill » de David Letellier et Boedi Widjaja, puisque c’est lui que nous avons choisi comme vainqueur de cette compétition amicale, nous a captivé. Avant même de débuter, il nous a intrigué par sa mise en scène, son écran tout en longueur, étiré vers l’infini, cet étrange rouleau de papier, ces pierres dans un saut, cette eau et ce liquide noir. Immédiatement, nous avons été pris par les transformations numériques des images mais aussi des sonorités de la rivière de cet îlot de nature au cœur de la jungle urbaine de Singapour. Nous avons été surpris par la musique des pierres, jetées par Widjaja sur le sol, puis par le tonnerre du fouet d’un drap mouillé sur le papyrus sur le sol au-dessus des pierres.

Affirmons-le clairement : nous avons trouvé dans « Institu Fort Canning Hill » ce que nous a manqué dans les deux autres projets de cette sélection finale, aussi passionnants qu’ils soient par ailleurs tous deux dans leurs intentions. Autrement dit : nous y avons trouvé du rythme, un sens des contrastes de sons comme d’images, des moments de calme et de montée en puissance s’enchaînant fort bien. Et puis nous y avons ressenti de la colère et de l’amour par la grâce d’un mariage très étonnant d’art numérique et d’impact physique au sens propre. Là est peut-être la magie de l’œuvre : non seulement dans l’équilibre de sa multitudes d’éléments pourtant très simples mais dans cet investissement autant physique que métaphysique de ces acteurs qui en font un vrai spectacle plein de surprises. Non que cette création soit parfaite. Mais elle a su nous saisir et nous emmener dans son histoire, ou plutôt dans ses histoires plurielles. Car chacun, au sortir de cette œuvre hybride et pourtant cohérente, se raconte sa propre histoire d’un bout de nature sauvé du chaos urbain de Singapour.

Le numérique, dans « Institu Fort Canning Hill », ne se contente pas de raconter sa propre aventure en circuit fermé. Il n’augmente pas plus le réel. Non, il le réinvente, ce réel, et nous permet de la réinventer à notre tour.

Voilà pourquoi nous avons choisi ce projet. Merci à ses créateurs. Merci au festival de nous l’avoir proposé. Et bon vent !



2012. 09:58 min video documentation. As performed on 14 June 2012 at Bains Numeriques #7, France.
Footage by Véronique Godé and team, on behalf of Centre des Arts. Edited by David Gan.



2012. 12:43 min video, includes interviews with artists. Produced by Centre des arts studios and
directed by Véronique Godé.